Une amie m’appelle, contente, pour me dire qu’elle a fait du codev, avec sa manager, lors d’un séminaire. Un peu pressée, je lui réponds « c’est pas du codev ». « Si,si, me dit-elle, ma manager avait choisi un thème, on a posé des questions puis on a reformulé et on a cherché des solutions. Elle a même dit : « le codev, c’est à la portée de n’importe qui, il suffit de suivre les étapes ».

Sur ce sujet, on m’a déjà répondu, « oh oui, appelle ça comme tu veux, nous on a appelé ça « codev ». Alors pourquoi ne pas laisser les poètes qui le veulent appeler un chien un chat ? La version courte de cet article tient en quelques mots : si vous donnez des croquettes pour chat à un chien, il risque de ne pas apprécier.

Appeler codev quelque chose qui ne l’est pas, c’est d’abord discréditer la méthode elle-même et toutes les personnes qui l’appliquent dans les règles de l’art. Ils se heurtent à des interlocuteurs qui répondent : « Le codev ? non merci, on a testé et c’était une catastrophe« . 

Un codev authentique ne peut pas être une catastrophe. Pour tous les gardes-fous que le codev nécessite, à commencer par l’absence de lien hiérarchique (on ne fait pas du codev avec son manager, encore moins animé par son manager), le volontarisme, la parité, la bienveillance, la confidentialité et surtout l’animation d’un facilitateur formé et expérimenté. 

On n’est jamais à l’abri d’un dérapage, me direz-vous. Oui, mais l’animateur saura en faire bénéficier le groupe, et faire reformuler, car l’origine du codev est d’apprendre par le groupe. Un manque de bienveillance, une posture « haute » ou un mépris affiché sont tout autant de sources d’apprentissage activables si les participants ont été préparés à rejoindre un groupe dans le souci de se développer professionnellement et personnellement. 

Au delà du discrédit de la méthode et entre autres des conséquences commerciales pour les animateurs professionnels de codéveloppement, il y a un nombre considérable d’opportunités manquées. Opportunités manquées pour ceux à qui on refusera du codev car l’expérience a montré que c’était une « catastrophe », alors qu’ils en auraient bien besoin compte tenu de leur isolement, du contexte, de leur charge de travail, de leur perte de sens, ou encore de leur besoin de s’appuyer sur un collectif pour avancer plus sûrement. 

Chemin faisant, la croyance que le codev peut « s’improviser » ou encore qu’il relève d’un suivi méthodique d’étapes gagne même les coachs et professionnels de l’accompagnement auxquels le codev est présenté en quelques mots lors d’une formation au coaching d’équipe. 

Mais ce n’est pas suffisant non plus ! Et je le vois souvent lorsqu’un coach me dit au détour d’une séance « ah oui, mais moi j’ai pas été « formé » à proprement parler mais j’en ai beaucoup animé ». Rares sont ceux qui dans ce cas de figure savent vraiment l’animer. 

Ceci étant dit … qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Chez ViTi, quand nous sommes confrontés à cette question, nous valorisons la formation d’une part, et la formation continue de l’autre. Nous-même, nous créons les espaces pour que les animateurs puissent se former, échanger, se questionner, partager des idées, et des intuitions. On cherche à distinguer ce que le codev est et ce qu’il n’est pas. 

Il n’est pas : 

  • Une méthode de résolution de problèmes
  • Un simple déroulé à respecter 
  • Imposable 
  • Un cercle d’opinion et points de vue 
  • Déroulé en 30 ou 45 minutes 
Pour nous, un bon animateur de codev sait : 
 
  • Faire la différence entre un sujet qu’on peut traiter en codéveloppement ou pas 
  • Détecter une solution déguisée en question 
  • Faire la différence entre un objectif et le « noeud » : ce qui fait que l’objectif n’a pas déjà été atteint. 
  • Faire évoluer nos modes de pensées 
  • Anticiper les dérapages au vu des amorces de phrase des participants 
  • Écouter son intuition 
  • Être vigilant à la sécurité du client et des consultants


Et c’est ce que nous nous attachons à développer chez les animateurs de notre communauté. 

Il est : 

 
  • Une méthode d’apprentissage par les pairs 
  • Sur la base du volontariat et de l’envie d’aider et d’être aidé 
  • Dans un cadre exclusif de confidentialité, bienveillance et authenticité 
  • Dans une maîtrise par l’animateur des spécificités de chaque étape 
  • Dans une progression continue du groupe aidé par l’animateur 

Animatrice certifiée en Codéveloppement Professionnel, et passionnée par les enjeux d'intelligence collective à distance, Olga anime et forme aux nouveaux usages d'animation à distance.

Comments (3)

  1. Répondre

    Tout à fait d’accord Olga, et j’ajoute aussi que le CODEV rencontre sa puissance dans sa forme « processus de groupe ». Un atelier « one shot » permet de se tester avant de s’engager. Car oui, les participants s’engagent sur un nombre de séances, et ensuite le groupe se dissout. C’est comme pour un processus de coaching, il a un début et une fin, et un coach professionnel pour le guider.

  2. Répondre

    Oui Olga ! Faciliter une séance de codéveloppement est un art qui ne s’improvise pas et qui nécessite une attention de tous les instants de la part du facilitateur. Les participants doivent se sentir en sécurité. Le facilitateur est le garant du cadre de la première minute à la dernière minute. Sa maîtrise du processus lui permet d’anticiper, de prévenir pour qu’au final, les participants et le client ressentent un bel effet Whaou.C’est vrai qu’il y a des séances qui ont le goût du Codév mais qui ne sont pas du Codév !

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *