Avant toute chose il me faut, chers lecteurs vous faire une confession. J’ai découvert le codéveloppement en rejoignant en 2016 ViTi comme simple commerciale. Le fondateur animait chaque semaine des séances de codéveloppement à distance pour faire découvrir notre approche digitale du codéveloppement à ceux qui voulaient la vivre pour s’en faire une idée. (D’ailleurs pour ceux que ça intéresse, les séances découverte continuent chaque semaine : vous y êtes les bienvenus pour découvrir la méthode et ou son usage à distance sur notre plateforme dédiée : pour s’inscrire, c’est par ICI). 

Je participais chaque semaine à ces séances, si bien qu’un jour,  quand il a fallu remplacer l’animateur au pied levé, je l’ai fait sans ciller. Je n’étais pas formée mais j’avais bien accumulé une cinquantaine de séances comme participante à mon pedigree. Petit à petit, j’ai commencé à animer ces séances et les retours des participants m’ont confirmée dans ma croyance que j’avais les codes et qu’une formation complémentaire ne serait pas nécessaire.

 

Je me suis pourtant formée officiellement puis fait adouber par une certification. J’ai compris à travers cette formation et en constatant les différences dans mon animation suite à cela combien la chose était nécessaire. j’espère vous montrer en quoi dans cet article. 

Pour ceux qu’un court récap sur ce qu’est le Groupe de Codéveloppement Professionnel intéresse, c’est par ICI

Pourquoi un article sur l’importance de se former lorsqu’on veut animer du codéveloppement ? 

Parce que ViTi forme au codéveloppement, vous me direz ! Oui, mais pas que … Car la chose est plus complexe qu’il n’y parait et se former ne suffit pas ! C’est la première étape, la deuxième est celle de la pratique ! Nous y reviendrons. 

Commençons par déconstruire quelques aprioris. 

1. Le codev est un processus qu’on déroule 

Oui … et non. En effet, chaque séance s’articule autour de six étapes : 1. Exposé du sujet, 2. Clarification, 3. Demande et Contrat, 4. Consultation, 5. Engagements, 6. Feedback et Apprentissages. Un animateur initié à ces étapes saura donner pour chacune une consigne claire. Toutefois, le processus est plus complexe qu’il n’en a l’air. 

Tout d’abord, l’animateur formé va jouer un rôle sur la constitution du groupe pour s’assurer que les conditions suivantes soient remplies : parité des participants, pas de lien hiérarchique, pas de conflit d’intérêt, une volonté de participer et de se livrer à d’autres au travers de la méthode. 

La constitution du groupe n’est pas à prendre à la légère ! Tout comme l’étape de préparation des sujets. L’animateur formé est à même de guider chacun des participants dans l’énoncé des sujets, et d’identifier les potentielles failles qui apparaitraient dans un sujet en apparence « valide », c’est à dire qui répond aux critères : réel, actuel et non résolu, sur lequel on peut agir. 

En effet, par sa formation et sa pratique, l’animateur peut identifier les écueils suivants : 1. Présenter un « faux » sujet par peur de se livrer aux autres, 2. Présenter un sujet sur lequel on n’a en réalité pas vraiment de marge d’action, 3. Amener un sujet sur lequel on ne veut en réalité pas obtenir d’aide du groupe, ou pas agir, 4. Amener un sujet dont le niveau d’émotion est trop élevé pour être traité, … 

Par sa formation qui inclut une pratique supervisée et sa pratique, l’animateur développe son intuition et la capacité dès le début d’une séance à questionner chacun des participants pour éviter qu’une séance ne tourne mal à cause d’un sujet qui ne serait pas « codev compatible ». 

Par ailleurs, à chaque étape, l’animateur devra faire preuve de cette même attention pour être vigilant à tout ce qu’un oeil novice ne verrait probablement pas : les changements de posture, de ton de la voix, le champ lexical utilisé, les silences, les ressentis du groupe, … 

2. Le codev consiste à faire respecter de grands principes 

Oui … et non. Bien que les grands principes du codéveloppement (non jugement, confidentialité, bienveillance, engagement), soient en apparence simples à appliquer, en réalité, les faire respecter tout au long de la séance est plus complexe. 

Que faire lorsqu’un participant dérape et émet un jugement ? Le « recadrer » sans le heurter est essentiel pour préserver le groupe et l’intégrité du client. Mais quand les mots ont été dits … pas si simple de reprendre la situation. Un animateur formé sera plus à même, dès le début d’une phrase, d’identifier qu’elle va dans la mauvaise direction et d’interrompre tout de suite la personne pour la guider dans sa formulation. Il saura également mieux reprendre la situation, entraîné à le faire. 

Quand tout va bien en effet, il n’est pas compliqué d’appliquer ces principes. Mais la réalité veut que chaque prise de parole représente un « risque », car nous sommes tous dans l’apprentissage et nous pouvons nous tromper. C’est quand ça « dérape » que l’animateur perçoit ses difficultés et ce qui lui manque. 

Comment aurais-je pu éviter cet écart qui a plombé la séance ? Comment aurais-je pu le rattraper ? Comment gérer une situation d’émotion forte (pleurs, colère, …) ? Voilà les questions auxquelles une formation et beaucoup de pratique permet de répondre. 

 

3. Animer du codev, c’est faciliter les échanges du groupe 

Oui … mais pas que ! Quel est le rôle d’un animateur de codev ? Dérouler un processus dans le respect des principes du codéveloppement ne suffit pas. L’animateur a pour mission de faire progresser le groupe et chacun des participants dans une prise de recul sur sa pratique professionnelle et pour développer de nouvelles compétences. 

Le travail sur des « cas réels » permet d’y parvenir mais est avant tout un prétexte pour se questionner ensemble sur sa pratique. On ne vient pas tant en codev pour résoudre des problèmes que pour avancer avec des pairs. Aussi, l’animateur tient un rôle central pour amener le groupe à monter en compétences sur les différentes étapes du processus. 

Par exemple, il intervient dans la phase de clarification pour aider le groupe à investiguer des champs qui n’auraient pas été jusque là interrogés. Il fait de même dans la phase de consultation pour apporter des éléments de réponses et être modélisant afin d’amener le groupe à repenser ses contributions. Dans l’étape de Demande et Contrat, il aide le client à formuler sa demande et aller au bout de sa pensée pour identifier le vrai besoin pour lequel il souhaite obtenir l’aide du groupe. 

 

4. Alors qu’apprend-on dans une formation au codev si on en connaît le processus et les principes ? 

Tout d’abord, on bénéficie de l’intelligence collective d’un groupe pour pratiquer, recevoir du feedback et se questionner ensemble sur les cas complexes, et la façon de les aborder, pour expérimenter différentes postures de facilitateur, et proposer ses propres rituels, trouver son style, sa singularité dans le flow, … 

Visiter ou on revisiter les « worst case scenario » permet d’être prêt à les anticiper, les désamorcer ou à les vivre pour les exploiter au bénéfice du groupe. 

Se questionner sur l’étendue du rôle de l’animateur et poursuivre les échanges après que la formation ait eu lieu dans une communauté de pratique et d’apprentissage continu, fait toute la différence.  

Chez ViTi notre formation au codev inclut une journée E-Codev © pour se former à l’animer à distance sur la plateforme SquareMeeting. Elle se compose de 3,5 jours en présentiel et 6 fois 2 heures de pratique à distance. Pour en savoir plus, contactez nous au 06 73 94 59 93 ou sur support@viti-coaching.com

 

Animatrice certifiée en Codéveloppement Professionnel, j'anime des groupes en présentiel et à distance depuis maintenant 3 ans. J'ai rejoint ViTi qui a développé la première plateforme de codéveloppement à distance, convaincue que la méthode peut s'adapter aux enjeux actuels de la dispersion géographique de nos entreprises. Et même qu'elle contribue à répondre aux défis que posent les nouveaux modes de travail à l'ère du digital.

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