Ma rencontre avec le codéveloppement

J’ai découvert la méthode de Payette et Champagne : Le Groupe de Codéveloppement Professionnel par ViTi. C’est la startup que j’ai rejoint il y a trois ans. ViTi a développé une plateforme dédiée à l’animation de codéveloppement à distance. Au début, je participais aux séances de découverte qu’organisait le fondateur.

J’en ai soupé du codéveloppement ! Deux à trois séances par semaine parfois ! Avec des participants que je ne connaissais pas. Ils se connectaient pour une heure et demie afin de faire l’expérience du codéveloppement à distance.

 

Un coup de coeur à distance

Mes premières impressions ont été enthousiastes ! Sans se connaître et en peu de temps, le groupe aidé par l’animateur parvenait à avancer sur un sujet porté par un participant et à retirer des apprentissages forts de la séance.

À force de séances, je bloquais un peu sur la partie « ce que je retiens pour moi-même de la séance ». À raison de trois séances par semaine, c’était exigeant et formateur pour moi de continuer à me questionner sur ce que j’avais à apprendre et améliorer dans ma pratique professionnelle. Quand à trouver des sujets, pas évident de renouveler son stock de problématiques. Cela m’a permis de raisonner non pas en terme de problématique (heureusement, parfois tout va bien !), mais en marge d’apprentissage. 

À chaque séance, je réfléchissais en me disant « qu’est-ce que je peux améliorer dans ma pratique et comment en faire un sujet compréhensible pour le groupe ». Au final, j’ai trouvé du plaisir, de l’intérêt et de la motivation à chacune de ces séances découvertes. J’ai appris à vivre et à revivre ce process chaque fois différent en fonction des personnes présentes, de leurs préoccupations et de leurs besoins.

 

Le grand saut

Un matin, au bout d’une cinquantaine de séances pour moi en tant que participante, Jean-Baptiste (fondateur de ViTi et animateur usuel de ces séances) m’appelle pour me dire « Tu peux me remplacer pour animer, nous avons un groupe inscrit pour la découverte qui ne peut pas reporter« .

Panique à bord. Je me suis donc retrouvée projetée dans le rôle si important de l’animateur pour la première fois, à distance. Je connaissais bien l’outil, là ne serait pas la difficulté. Mais l’animation, les étapes, le souci du groupe et de l’amener à travailler en toute bienveillance et responsabilité, en serai-je capable ?

Fébrile, j’ai accueilli tout le monde « Bonjour à tous, je suis ravie de vous accueillir pour cette séance de codéveloppement en ligne !« . Fidèle à la méthode, et copiant ce que j’avais observé de Jean-Baptiste pendant six mois, j’ai déroulé chacune des étapes : (présentation de chacun, choix du sujet, exposé de la situation, clarification, demande et contrat, consultation, engagements, apprentissages). J’ai raccroché, essoufflée après une heure et demie.

Je n’en revenais pas ! Comme d’habitude, les participants témoignaient leur surprise quand à la qualité de la séance, la proximité et la confiance qu’ils ont ressenti, l’aide à la concentration que produit la plateforme, le sentiment d’avoir appris et avancé ensemble, sans se voir et sans se connaître.

 

Se former : l’incontournable

Enthousiasmée, je me suis inscrite à la prochaine formation pour animer des Groupes de Codéveloppement Professionnel. Elle a duré neuf jours, incluant beaucoup de pratique. Nous étions dix et je garde un excellent souvenir de toutes les séances que nous avons animées avec le groupe d’apprenants, reconnaissant nos erreurs, soucieux de parfaire notre pratique et d’apporter de la valeur à nos futurs groupes de codéveloppement.

À mon retour, j’ai repris le rôle d’animateur des séances découvertes. J’ai continué à apprendre, à prendre du plaisir, à faire des rencontres riches et motivantes, jusqu’à ce qu’on me demande une animation en présentiel chez un client. Ce que je n’avais encore jamais fait en dehors de la formation où chaque participant avait pu animer pour pratiquer. Gloups.

 

Animer en présentiel et sortir de ma zone de confort

J’avais peur : peur de perdre mes moyens, d’être impressionnée par les dix paires d’yeux braquées sur moi. Peur de mon jeune âge à leurs yeux, de n’être pas crédible et de ne pas parvenir à gagner la confiance du groupe, pourtant gage de réussite de la séance.

Aujourd’hui, je souris quand des personnes que j’ai formées à l’animation de codéveloppement à distance me partagent ces mêmes craintes quand à leur première séance en virtuel. Comme je comprends ! Je comprends surtout que ce n’est pas tant la modalité qui déstabilise (présentiel ou distanciel) que la nouveauté !

De cette première séance en présentiel, j’ai appris beaucoup. Les émotions étaient plus brouillées qu’à distance. Je ressentais beaucoup de choses différentes. Notamment la tension du groupe où les participants étaient à couteaux tirés. La place du non-verbal m’a déstabilisée au début. À distance en effet, c’est le para-verbal qui prime et qui m’est plus facile à décoder.

J’ai appris à continuer quoi qu’il arrive et à faire confiance à la méthode. En effet, ses cadres sont de vrais repères pour avancer. Les participants étaient très satisfaits. De mon côté, j’ai constaté que le distanciel permet une mise à distance des autres et de se recentrer sur soi. Je pense que cela peut être utile dans des contextes compliqués comme c’était le cas ce jour-là pour ce groupe.

 

Ce que j’ai appris de cette expérience inversée

Aujourd’hui, je suis contente d’avoir vécu l’inverse des animateurs de codéveloppement qui commencent par le présentiel avant de passer au distanciel quand le besoin de cette complémentarité se fait sentir.

Ayant appris par la distance, j’en ai fait ma zone de confort. Aussi, je peux aujourd’hui partager au mieux aux personnes que je forme à l’animation à distance les ressources que cela demande : comment les développer et y retrouver le plaisir de l’animation.

Animatrice certifiée en Codéveloppement Professionnel, j'anime des groupes en présentiel et à distance depuis maintenant 3 ans. J'ai rejoint ViTi qui a développé la première plateforme de codéveloppement à distance, convaincue que la méthode peut s'adapter aux enjeux actuels de la dispersion géographique de nos entreprises. Et même qu'elle contribue à répondre aux défis que posent les nouveaux modes de travail à l'ère du digital.

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